Le ciel grondait. Au loin des éclairs. Plus proche le tonnerre. De ma fenêtre, j’observais le vent balayer la cour, son souffle arracher les dernières feuilles fébrilement accrochées aux branches. J’écoutais et j’observais. L’atmosphère était humide. L'odeur de la terre dans l'air. Quelque chose devait se passer. Il allait pleuvoir. La journée avait été tellement chaude. 45 degrés à l’ombre.
Deux heures avant, des gouttes de sueur perlaient encore sur nos fronts d'expatriés alors que nous buvions une bière fraîche au De Niro, éclairés par les phares des motos et plus rarement des autos, et par les habitations avoisinantes qui bénéficiaient d'une génératrice parce qu'une fois encore, l'électricité nous avait lâché. Délestage dans le quartier. Pas assez de courant pour tous. Sans ventilo ni clim, nous ne parlions que de ça, de l'insoutenable chaleur !
Là, allongée sur mon lit, j’attendais la pluie. Elle est arrivée. Timidement. Quelques gouttes sur la terre rouge. Une fausse pluie pour reprendre les mots de ma collègue burkinabè. La première pluie, celle des mangues qui lave les fruits de saison, sucrés et juteux.
Après une heure, le vent a fui, emportant avec lui la pluie. Le lendemain, l'air semblait plus frais. Impression vite dissipée à l'heure du midi, quand le soleil était à son zénith. La saison chaude durera jusqu'en juin et après, ce sera celle des pluies.
En attendant, les mangues sont propres, délicieuses, pour certaines encore vertes, solidement accrochées aux arbres.
Un petit coucou pour te dire que je suis ton périple intérieur. C'est très agréable de te lire et de voyager avec toi au Burkina mais aussi en nous-même. Bon courage pour la suite, j'espère que tu trouveras ce que est venu chercher là bas. Dans tous les cas tu en ressortira plus grande.
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