Et voila, une page qui se tourne. Presque 2 ans de vie au Burkina qui s’achèvent. J’ai mangé mon dernier poulet bicyclette en compagnie de collègues, j’ai fait quelques derniers achats de fonio et dégué pour pouvoir retrouver les goûts et les saveurs du Burkina à Montréal, j’ai coupé les comptes d’eau, d’électricité, d’internet, bancaire (seul pays où j’ai pu être millionnaire), j’ai fait l’état des lieux de l’appartement, rendu les clés, vendu la moto, ramassé quelques dossiers mais surtout, j’ai dit au revoir aux personnes qui m’entouraient depuis 2 ans. J’ai quitté Ouagadougou dans la nuit du 27 au 28, le cœur un peu serré, en laissant derrière moi de beaux souvenirs et des images d’un pays attachant. C’est de Montréal, par -8° C, que j’écris ce nouveau billet. J’ai retrouvé les amis. Un accueil chaleureux et des retrouvailles heureuses. Je me remets tranquillement dans le rythme de vie d'ici, avec des images du Burkina qui me visitent pendant le sommeil. Une transition à gérer mais ça va aller ! Les perspectives, je n’en parle pas encore. Je me laisse le temps d’arriver. Elles viendront bien assez tôt. Ce n’est pas la fin du récit. Je compte bien continuer à écrire avec des mots un peu moins dépaysants et des images un peu moins colorées peut-être mais toujours avec cette même envie de partager le vécu.
50 images du Burkina, c'est trop peu pour résumer 2 ans de vie mais ce sont celles qui me rappellent déjà de bons souvenirs et des visages que je ne veux pas oublier trop vite.
lundi 30 janvier 2012
lundi 16 janvier 2012
Cours de cuisine africaine no 2
J'ai changé d'idée. Au risque de faire sourire mes amis québécois, je n'ai pas pu rencontrer de joueurs de pétanque en raison du froid sévissant en soirée (20 degrés autour des 20h) - mais je ne perds pas espoir d'ici mon départ, les températures devraient remonter - donc à la place du billet initialement prévu, je vous propose 3 recettes de cuisine africaine apprises ce dimanche (le 2e cours puisqu'en février 2011 j'avais appris à faire le poulet yassa).
Au menu : couscous de fonio accompagné d'une pintade sauce sésame et du dégué en dessert (à base de petit mil et de yaourt).
Lieu : Restaurant Le Sésame, Ouagadougou
La propriétaire et professeur : Flore YAMEOGO
Préparation du couscous de fonio

1. Recouvrir 500 g de fonio précuit d'eau bouillante et laisser gonfler la céréale pendant 30 minutes
2. Placer ensuite la semoule dans la partie supérieure d'un couscoussier (dans un linge pour ne pas que les grains passent à travers)
3. Après 15 minutes de cuisson, arroser avec de l’eau froide (2 à 3 louches) puis replacer la semoule dans le couscoussier pour 15 minutes
4. Après 15 autres minutes de cuisson, ajouter le gombo frais coupé en lamelle dans le fond du linge puis ajouter la céréale et cuire 15 dernières minutes
Préparation de la pintade sauce sésame
1. Faire revenir les morceaux de pintade dans l’huile chaude
2. Ajouter 2 oignons émincés


3. Délayer une petite boîte de tomate concentrée avec de l’eau chaude et ajouter dans la sauteuse avec un cube maggi
4. Faire revenir 150 g de graines de sésame dans une poêle à sec, piler au mortier et tamiser avec un tamis pour couscous (sinon prendre de la poudre de sésame)
5. Délayer ensuite la poudre de sésame avec de l’eau chaude et l’ajouter à la préparation
6. Ajouter suffisamment d’eau, couvrir et laisser cuire 20 minutes
7. Ajouter une courgette coupée en dés avec une feuille de laurier ou du thym et laisser mijoter encore une quinzaine de minutes
Préparation du dégué
1. Faire gonfler 250 g de dégué (petit mil) dans de l’eau chaude pendant 30 minutes
2. Ajouter 50 g de beurre ramolli (le beurre doit fondre dans le dégué encore chaud sinon le passer au couscoussier pour le réchauffer)
3. Ajouter le dégué en grumeaux au yaourt sucré
4. Ajouter du lait concentré non sucré, de la vanille, de la cannelle, etc. (facultatif)
5. Servir bien frais
Après ça, faites moi confiance qu'on s'est bien régalés avec toutes ces céréales !
Pour les Ouagalais-es, le restaurant Le Sésame se situe dans le quartier Somgande, proche de la forêt. Ça vaut vraiment la peine ! Contact : Mme Flore YAMEOGO - Tél. 70-31-42-28
Au menu : couscous de fonio accompagné d'une pintade sauce sésame et du dégué en dessert (à base de petit mil et de yaourt).
Lieu : Restaurant Le Sésame, Ouagadougou
La propriétaire et professeur : Flore YAMEOGO
Préparation du couscous de fonio

1. Recouvrir 500 g de fonio précuit d'eau bouillante et laisser gonfler la céréale pendant 30 minutes
2. Placer ensuite la semoule dans la partie supérieure d'un couscoussier (dans un linge pour ne pas que les grains passent à travers)
3. Après 15 minutes de cuisson, arroser avec de l’eau froide (2 à 3 louches) puis replacer la semoule dans le couscoussier pour 15 minutes
4. Après 15 autres minutes de cuisson, ajouter le gombo frais coupé en lamelle dans le fond du linge puis ajouter la céréale et cuire 15 dernières minutes
Préparation de la pintade sauce sésame
1. Faire revenir les morceaux de pintade dans l’huile chaude
2. Ajouter 2 oignons émincés


3. Délayer une petite boîte de tomate concentrée avec de l’eau chaude et ajouter dans la sauteuse avec un cube maggi
4. Faire revenir 150 g de graines de sésame dans une poêle à sec, piler au mortier et tamiser avec un tamis pour couscous (sinon prendre de la poudre de sésame)
5. Délayer ensuite la poudre de sésame avec de l’eau chaude et l’ajouter à la préparation
6. Ajouter suffisamment d’eau, couvrir et laisser cuire 20 minutes
7. Ajouter une courgette coupée en dés avec une feuille de laurier ou du thym et laisser mijoter encore une quinzaine de minutes
Préparation du dégué
1. Faire gonfler 250 g de dégué (petit mil) dans de l’eau chaude pendant 30 minutes
2. Ajouter 50 g de beurre ramolli (le beurre doit fondre dans le dégué encore chaud sinon le passer au couscoussier pour le réchauffer)
3. Ajouter le dégué en grumeaux au yaourt sucré
4. Ajouter du lait concentré non sucré, de la vanille, de la cannelle, etc. (facultatif)
5. Servir bien frais
Après ça, faites moi confiance qu'on s'est bien régalés avec toutes ces céréales !
Pour les Ouagalais-es, le restaurant Le Sésame se situe dans le quartier Somgande, proche de la forêt. Ça vaut vraiment la peine ! Contact : Mme Flore YAMEOGO - Tél. 70-31-42-28
samedi 7 janvier 2012
Mes mots à moi
De l’avis d’un ami, mes billets sont "déprimés". Moi qui voulais justement éviter cette critique, seulement décrire le quotidien, partager le vécu, sans cliché. Difficile d’écrire. D’exposer ses émotions sans interprétation. Devoir accepter les remarques et continuer au-delà du journal intime. Enfin, soyons plus léger en ce début d’année : tous mes meilleurs voeux pour 2012 !
Je suis rentrée jeudi au Burkina après 4 jours supers au Maroc et 15 jours reposants en France. Dans le train du retour Deauville-Paris, je regardais la campagne normande défiler. Les prairies étaient vertes. C’était beau. Et puis bizarrement, sans prévenir, une petite larme sur ma joue. Émotion rare. Combien de fois l’ai-je quitté cette belle région qui m’a vue grandir. Combien de fois l’ai-je retrouvée, intacte. Toujours avec la même peur de la perdre. A chaque fois, j’y laisse quelques souvenirs de famille, quelques images de l’enfance. Maintenant, je n’ai plus peur de grandir, mais plutôt de vieillir. C’est bête à seulement 31 ans mais c’est ainsi.
Direction Orly Sud. Pour certains, Paris est un voyage, une destination. Pour d’autres, elle est une étape, une transition avant un long voyage. A la capitale, les gens ont l’air triste, même après la période des fêtes. Tous ou presque portent des habits sombres. Tous ou presque sont pressés. Moi je suis contente de rentrer au Burkina, de retrouver la chaleur et la bonne humeur des gens. Une chose est sûre, j’aurai mis de la couleur dans mes valises, et des sourires dans ma vie au cours de ces deux années.
Prochaine étape : le retour à Montréal. Dans quelques semaines l’heure du bilan approchera. Déjà : une expérience évidemment riche en découvertes, en émotions, en rencontres, culturellement dépaysante. Beaucoup de frustrations difficiles à contenir. En grande partie liées à l’interculturel et à ses inévitables incompréhensions. Quelques déceptions de devoir, de pouvoir ou de vouloir faire plus. Il y a des choses qui me manqueront, et d’autres pas, comme la lenteur. Si au Vietnam j’ai cultivé la patience, ici j’ai appris l’impatience de devoir attendre après tout et rien. Imprimer une photo devient une véritable épreuve de patience entre les coupures d’électricité et les salamalecs à n’en plus finir (c’est là que je me dis qu’il est temps de rentrer). Fatiguée aussi de devoir "m’ajuster" aux façons de dire et de faire pour ne pas blesser ou froisser la susceptibilité des Burkinabè sans qu’en retour ils essaient de me comprendre. Ils me diront que je suis chez eux. Cela n’empêche pas qu’ils fassent un effort aussi. N’est-ce pas ça l’interculturel et l’échange ? Enfin ! Lasse aussi des sollicitations sans fin et de ces blancs ou noirs qui se croient riches et qui se donnent le droit d'être méprisants, condescendants, suffisants, arrogants, irrespectueux envers les plus démunis; ceux là même qui se disent sauver l’Afrique et qui trouvent que tout est trop cher et que rien n’est assez bien. Non vraiment, je dois renter pour les oublier, pour ne garder que le meilleur de cette expérience. Je rentrerai certainement un peu désillusionnée mais toujours volontaire, décidée à y croire et à agir.
En transit à Casablanca, je pensais avec une pointe de nostalgie que c’était mon dernier vol vers Ouagadougou. Fini les « Nassara, le clignotant » pas plus tard que cet après-midi. Retour au prénom qui me qualifie. Fini les nids de poules en moto mais aussi les dimanches après-midi à la piscine. Fini la liberté de divaguer dans les rues de Ouagadougou jusqu’à tard dans la nuit. Fini la douceur des soirées et les virées en moto. Après le Burkina c’est décidé, je pose mes valises. Je fais une pause. Sinon je vais finir par être blasée du voyage, sans jamais me sentir chez moi quelque part. Et ce quelque part, je crois que je l'ai trouvé à Montréal. Il va falloir me trouver de nouveaux projets. Ça ne devrait pas être difficile. J’ai encore quelques rêves à réaliser. Pour l’instant, je suis au Burkina et je vais en profiter.
Prochain billet : les joueurs de pétanque à Ouagadougou
Quelques photos du Maroc (Rabat et Fès)






Et de la Normandie



Je suis rentrée jeudi au Burkina après 4 jours supers au Maroc et 15 jours reposants en France. Dans le train du retour Deauville-Paris, je regardais la campagne normande défiler. Les prairies étaient vertes. C’était beau. Et puis bizarrement, sans prévenir, une petite larme sur ma joue. Émotion rare. Combien de fois l’ai-je quitté cette belle région qui m’a vue grandir. Combien de fois l’ai-je retrouvée, intacte. Toujours avec la même peur de la perdre. A chaque fois, j’y laisse quelques souvenirs de famille, quelques images de l’enfance. Maintenant, je n’ai plus peur de grandir, mais plutôt de vieillir. C’est bête à seulement 31 ans mais c’est ainsi.
Direction Orly Sud. Pour certains, Paris est un voyage, une destination. Pour d’autres, elle est une étape, une transition avant un long voyage. A la capitale, les gens ont l’air triste, même après la période des fêtes. Tous ou presque portent des habits sombres. Tous ou presque sont pressés. Moi je suis contente de rentrer au Burkina, de retrouver la chaleur et la bonne humeur des gens. Une chose est sûre, j’aurai mis de la couleur dans mes valises, et des sourires dans ma vie au cours de ces deux années.
Prochaine étape : le retour à Montréal. Dans quelques semaines l’heure du bilan approchera. Déjà : une expérience évidemment riche en découvertes, en émotions, en rencontres, culturellement dépaysante. Beaucoup de frustrations difficiles à contenir. En grande partie liées à l’interculturel et à ses inévitables incompréhensions. Quelques déceptions de devoir, de pouvoir ou de vouloir faire plus. Il y a des choses qui me manqueront, et d’autres pas, comme la lenteur. Si au Vietnam j’ai cultivé la patience, ici j’ai appris l’impatience de devoir attendre après tout et rien. Imprimer une photo devient une véritable épreuve de patience entre les coupures d’électricité et les salamalecs à n’en plus finir (c’est là que je me dis qu’il est temps de rentrer). Fatiguée aussi de devoir "m’ajuster" aux façons de dire et de faire pour ne pas blesser ou froisser la susceptibilité des Burkinabè sans qu’en retour ils essaient de me comprendre. Ils me diront que je suis chez eux. Cela n’empêche pas qu’ils fassent un effort aussi. N’est-ce pas ça l’interculturel et l’échange ? Enfin ! Lasse aussi des sollicitations sans fin et de ces blancs ou noirs qui se croient riches et qui se donnent le droit d'être méprisants, condescendants, suffisants, arrogants, irrespectueux envers les plus démunis; ceux là même qui se disent sauver l’Afrique et qui trouvent que tout est trop cher et que rien n’est assez bien. Non vraiment, je dois renter pour les oublier, pour ne garder que le meilleur de cette expérience. Je rentrerai certainement un peu désillusionnée mais toujours volontaire, décidée à y croire et à agir.
En transit à Casablanca, je pensais avec une pointe de nostalgie que c’était mon dernier vol vers Ouagadougou. Fini les « Nassara, le clignotant » pas plus tard que cet après-midi. Retour au prénom qui me qualifie. Fini les nids de poules en moto mais aussi les dimanches après-midi à la piscine. Fini la liberté de divaguer dans les rues de Ouagadougou jusqu’à tard dans la nuit. Fini la douceur des soirées et les virées en moto. Après le Burkina c’est décidé, je pose mes valises. Je fais une pause. Sinon je vais finir par être blasée du voyage, sans jamais me sentir chez moi quelque part. Et ce quelque part, je crois que je l'ai trouvé à Montréal. Il va falloir me trouver de nouveaux projets. Ça ne devrait pas être difficile. J’ai encore quelques rêves à réaliser. Pour l’instant, je suis au Burkina et je vais en profiter.
Prochain billet : les joueurs de pétanque à Ouagadougou
Quelques photos du Maroc (Rabat et Fès)

Et de la Normandie



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