samedi 22 octobre 2011

Les Koudou du Faso


Manger bien, manger intelligent, manger burkinabè !


Dans le cadre de la campagne mondiale CULTIVONS, Oxfam et ses partenaires au Burkina Faso ont invité, le temps d’un week-end, les Burkinabè à découvrir ou redécouvrir les produits locaux et les saveurs du terroir.

C’est avec les « Koudou du Faso » (note 1) que le coup d’envoi a été donné. L’événement, coparrainé par le Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat et le Ministre de l’Agriculture et de l’Hydraulique, s’est tenu au salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) les 15 et 16 octobre 2011 lors des journées internationales des femmes rurales et de l’alimentation.

Qu’est-ce que les « Koudou du Faso » ?


Une compétition de plats et de boissons à base de produits locaux entre cinquante-quatre (54) restaurants, maquis et structures de transformation agroalimentaire du Burkina Faso. Répartis en 5 catégories – les sauces, les céréales, les viandes, les desserts et les boissons – les participants et participantes ont fait valoir leur savoir-faire et leur créativité le temps de cette foire alimentaire.

Au cours de ces deux journées, le public était invité à goûter et à noter une diversité de produits allant des jus de mangue, de gingembre ou de pain de singe (note 2), en passant par le dégué (note 3), la crème glacée au karité, la sauce à l’oseille, le riz gras, le fonio (note 4), le couscous de maïs, l’attiéké au poisson braisé, le tofu mariné, le poulet flambé, les brochettes de fromage peulh, etc. Une explosion de saveurs pour des palais gourmands !

Un jury officiel, composé de six personnalités, a été constitué pour départager les candidats et candidates en cas d’ex-æquo.

Plus de 2 000 visiteurs ont participé à l’événement et près de 110 000 dégustations ont été servies en 2 jours. Victimes de leur succès, les « Koudou du Faso » ont du fermer leurs portes un peu plus tôt chaque jour. Les visiteurs attendent avec impatience la 2e édition l’an prochain.

Cérémonie de remise des prix

A l’issu de ces deux journées gustatives, une remise des prix (note 5) a été organisée le mardi 18 octobre pour récompenser trois lauréats par catégorie; une cérémonie au cours de laquelle le directeur pays, Monsieur Omer Kaboré, s’est exprimé pour féliciter d’une part, les participants et participantes ainsi que le public engagés à valoriser les produits locaux et d’autre part, la franche mobilisation d’un ensemble de partenaires (note 6), institutions, sponsors (note 7), volontaires et bénévoles ayant contribué au succès de cette première édition des « Koudou du Faso ».

Son discours, appuyé par le Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat et par le représentant de la Ligue des consommateurs du Burkina, a rappelé l’importance de promouvoir l’exploitation agricole familiale, de combattre la flambée des prix alimentaires, de rechercher des solutions innovantes pour l’adaptation aux changements climatiques, de lutter contre l’accaparement des terres et la spéculation foncière.

Monsieur Kaboré s’est également exprimé sur les conditions des femmes rurales rappelant qu’elles restent les grandes oubliées des politiques agricoles malgré le fait qu’elles produisent la majorité de la nourriture consommée dans les pays du Sud.

Animée de prestations musicales, de sketchs humoristiques et de numéros de cirque, accompagnée de boissons et de mets locaux, la soirée s’est clôturée par la remise de prix spéciaux en faveur de trois denrées alimentaires locales qui constituent une production importante au Burkina Faso : le lait, le maïs et le riz.

Et après...

Les « Koudou du Faso » ne sont que la première activité d’une longue série d’événements inscrits au programme de la campagne CULTIVONS d’une durée de 4 ans. Les participants et participantes de cette première édition partageront le secret de leurs recettes dans un livre de cuisine disponible prochainement. A vos fourneaux !

Quelques chiffres

- 54 restaurants, maquis et structures de transformation agro-alimentaire
- Plus de 2 300 visiteurs
- Près de 110 000 dégustations servies
- 14 143 bulletins de vote collectés
- 1 équipe Oxfam mobilisée (Oxfam Intermon, Oxfam en Belgique et Oxfam-Québec)
- 50 volontaires
- 8 partenaires
- 10 sponsors
- 2 parrains
- 15 organes de presse
- Des heures de décompte de bulletins de vote

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Notes:
(1) Koudou signifie « la louche » en dioula (langue locale)
(2) Fruit du baobab
(3) Yaourt à base de petit mil
(4) Céréale cultivée en Afrique de l’Ouest
(5) Différents prix ont été distribués tels que des frigidaires, des batteries de cuisine, des bons cadeaux dans les magasins d’électroménagers, des chèques, des livres de cuisine.
(6) Association Aidons l’Afrique Ensemble, la Ligue des consommateurs du Burkina, la confédération paysanne du Faso, CODDE, la marche mondiale des femmes, le Secrétariat permanent des ONG, le réseau de veille sur la commercialisation des céréales, SOS Sahel International
(7) Parmi eux, la banque régionale de solidarité, la chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso, le SIAO, l’office national de tourisme burkinabè, des magasins d’alimentation et d’électroménager, etc.

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dimanche 2 octobre 2011

Scènes de vie au soleil couchant

Je ne me lasserai pas de cette promenade le long du barrage. Me fondre dans la circulation locale au commande de ma Yamaha en regardant les gens vivre : les femmes et leur enfant dans le dos; les hommes et leur troupeau de chèvres; les marchandes alignées au bord de la route, leurs bassines remplies d’arachides, de fruits et de légumes; les marchands de poisson, criant au plus offrant; les jeunes femmes qui se font tresser les cheveux; les jeunes hommes qui boivent la bière au maquis; les tanties sur leurs motos pétaradantes, le dos droit, le regard concentré, fières roulant au soleil couchant; les vieux qui palabrent; les enfants qui chahutent. Tout cela a l'air un peu folklorique mais l'image est attachante. Je veux la garder intact dans ma mémoire sachant que le temps viendra dissoudre les impressions, estomper les couleurs. Une autre réalité s’installera et prendra la place de ce tableau burkinabè, vivant et chaleureux. Je m’efforce d’en profiter.

Cette promenade suscite d’autres curiosités. Le regard étonné des Burkinabè n’est pas sans me rappeler ma différence. Difficile de passer inaperçue sur une moto Yamaha, un casque gris vissé sur la tête, des lunettes fumées au bout du nez, une peau blanche, des habits européens aux couleurs un peu fades. Les gens me saluent discrètement - ou non, me gratifient d’un signe de la main ou d’un "bonsoir Nassara". Je réponds timidement. Il y a aussi le regard malicieux des enfants qui aimeraient que je m’arrête leur serrer la main, ou celui amusé et un peu complice de ceux et celles qui comprennent le but de cette promenade. J’éveille mes sens, je m’imprègne des couleurs locales, je chamboule mes habitudes de vie, je m’inspire avant de rentrer au pays.

Cet apprentissage interculturel est bien sûr marqué d’incompréhensions, parfois même de rejet, de doutes et de questionnements, d’acceptation partielle. Cela fait partie de l’expérience. Sentiment de bien être. Accomplissement personnel. Des moments que je me donne le droit de ressentir fièrement. Un peu égoïstement. Je veux comprendre pourquoi je suis là et pourquoi je devrai repartir, dans 5 mois déjà. Le temps file. Le mandat avance. Moins du quart et encore tellement à faire. Cette promenade est un mini voyage qui me donne l'impression d'être ailleurs, à Ouagadougou, au Burkina Faso, en Afrique de l’Ouest.