samedi 30 janvier 2010
L'éphémère peut-il nous rendre heureux ?
Nous cherchons tous – ou presque tous, sans vraiment oser nous l’avouer, la reconnaissance de nos pairs, de nos proches, de ceux qui nous entourent. Nos attentes créent des déceptions qui, parfois se transforment en amertume, parfois en rancune. Nous voulons bien faire. Nous voulons plaire. Nous voulons être aimés. Nous voulons tout à la fois. Nous voulons être différents des autres dans un monde qui nous ressemble. Nous cherchons l’amour qui n’existe pas toujours, nous cherchons l’amitié qui peut être une excuse à la solitude, nous cherchons à vivre des émotions qui nous exaltent, des sentiments qui nous transportent, des images qui nous font voyager. Mais il reste la réalité. Difficilement saisissable, partiellement compréhensible. Celle que nous oublions trop vite. Vivre heureux n’est-ce pas justement vivre simplement, dans l’éphémère du moment périssable ? Vivre heureux dépend-il du contexte ?
lundi 25 janvier 2010
Lune de miel et montagnes russes
Je ne suis pas encore partie que j’ai déjà l’impression d’être en lune de miel. Je m’explique.
J’ai suivi un atelier la semaine dernière sur l’efficacité culturelle. La section 6 portait sur l’adaptation en pays d’accueil schématisée par une courbe de hauts et de bas.

De vraies montagnes russes. Voilà ce que je m’apprête à vivre ces deux prochaines années : une série d’émotions allant de l’excitation à la remise en question. Une femme avertie en vaut deux. Un lectorat averti en vaut-il deux ?
Je partage ces informations pour que vous saisissiez avec justesse la nature de mes interventions ces prochaines semaines. Rassurez-vous, le cours précise que « l’intensité de ces émotions varie selon les individus, tout comme la durée de chaque étape ».
J’en suis donc à l’étape pré-départ. Je termine une formation de neuf jours sur différentes thématiques : égalité entre les sexes, gestion axée sur les résultats, approche partenariale et bien d’autres ateliers très intéressants. Je complète mes visites médicale et dentaire, mes formalités pré-départ (déménagement et entreposage), etc. Je suis donc encore là, ici, à Montréal. Et pourtant, comme je vous le disais, je me sens en lune de miel. Je ne sais pas si c’est l’impatience d’être là-bas, au Burkina, ou le simple fait d’être bien avec moi-même mais je suis sur un petit nuage teinté d’une certaine conscience. Je n’appréhende pas de devoir redescendre pour me « confronter » au choc culturel. Je vis le temps présent avec les impressions du moment.
Mais aujourd’hui, je ne suis pas à l’aise de publier ce billet. Je me sens "égoïste" de penser à mon petit bonheur dans un contexte que l’on connaît tous, celui de la tragique histoire d’Haïti.
Parler de lune de miel et de bien-être quand des millions de personnes souffrent de détresse et de désespoir d’avoir tout perdu sauf la foi peut-être.
Et puis je me dis que ça n’enlève rien à ma compassion et à ma solidarité avec un pays que j’ai rencontré il y a quelques années; un pays qui m’avait laissé l’impression de n’être que le bidonville d’un riche continent; un pays que j’avais mal jugé parce que j’étais en colère. Je revois ces rues déjà appauvries par la misère mais aux visages encore souriants. Je revois les marchandes de légumes et les tap-tap colorés. Qu’en est-il aujourd’hui ? Je ne sais pas. Je vois seulement des images de destins brisés.
Alors je prie. Je souffre avec. Je ne peux faire que ça.
J'ai envie de me souvenir de ces images.


J’ai suivi un atelier la semaine dernière sur l’efficacité culturelle. La section 6 portait sur l’adaptation en pays d’accueil schématisée par une courbe de hauts et de bas.

De vraies montagnes russes. Voilà ce que je m’apprête à vivre ces deux prochaines années : une série d’émotions allant de l’excitation à la remise en question. Une femme avertie en vaut deux. Un lectorat averti en vaut-il deux ?
Je partage ces informations pour que vous saisissiez avec justesse la nature de mes interventions ces prochaines semaines. Rassurez-vous, le cours précise que « l’intensité de ces émotions varie selon les individus, tout comme la durée de chaque étape ».
J’en suis donc à l’étape pré-départ. Je termine une formation de neuf jours sur différentes thématiques : égalité entre les sexes, gestion axée sur les résultats, approche partenariale et bien d’autres ateliers très intéressants. Je complète mes visites médicale et dentaire, mes formalités pré-départ (déménagement et entreposage), etc. Je suis donc encore là, ici, à Montréal. Et pourtant, comme je vous le disais, je me sens en lune de miel. Je ne sais pas si c’est l’impatience d’être là-bas, au Burkina, ou le simple fait d’être bien avec moi-même mais je suis sur un petit nuage teinté d’une certaine conscience. Je n’appréhende pas de devoir redescendre pour me « confronter » au choc culturel. Je vis le temps présent avec les impressions du moment.
Mais aujourd’hui, je ne suis pas à l’aise de publier ce billet. Je me sens "égoïste" de penser à mon petit bonheur dans un contexte que l’on connaît tous, celui de la tragique histoire d’Haïti.
Parler de lune de miel et de bien-être quand des millions de personnes souffrent de détresse et de désespoir d’avoir tout perdu sauf la foi peut-être.
Et puis je me dis que ça n’enlève rien à ma compassion et à ma solidarité avec un pays que j’ai rencontré il y a quelques années; un pays qui m’avait laissé l’impression de n’être que le bidonville d’un riche continent; un pays que j’avais mal jugé parce que j’étais en colère. Je revois ces rues déjà appauvries par la misère mais aux visages encore souriants. Je revois les marchandes de légumes et les tap-tap colorés. Qu’en est-il aujourd’hui ? Je ne sais pas. Je vois seulement des images de destins brisés.
Alors je prie. Je souffre avec. Je ne peux faire que ça.
J'ai envie de me souvenir de ces images.


samedi 16 janvier 2010
Je suis née avec la solitude
Aujourd’hui j’ai rencontré une Burkinabè, une femme de là-bas qui vit depuis 2001 au Canada. Cet échange interculturel faisait partie d’un programme de formation en vue du départ sur le terrain.
Du pratique au culturel en passant par le social, nous avons couvert bien des sujets de discussion. Le débat était intarissable. Évidemment, j’ai posé beaucoup de questions. Tout m’interpellait. Une chose a cependant éveillé ma sensibilité, une phrase.
Alors que nous parlions d’individualisme et de collectivisme, elle a dit ceci : « Vous là en Occident, vous naissez avec la solitude. » Et si c’était vrai ! Si nous étions condamnés à vivre isolé, en exil du partage, dès notre première minute de vie, pouvons-nous changer ?
Elle a complété par un dicton qui dit que "le bois a beau durer dans l’eau, il ne peut pas devenir un caïman". Il faut comprendre que le caïman est un animal sacré au Burkina et que même si l’on s’adapte très bien à un milieu, on ne pourra jamais devenir comme celui né dans ce milieu.
Cet échange me rappelle une discussion que nous avons eue maintes fois – ma sœur et moi – sans jamais parvenir à nous comprendre : sommes-nous seuls dans la vie ?
Selon moi, certainement. Même bien entouré, nous avançons sur un chemin qui nous conduira vers une fin solitaire. Nous sommes seuls face à nos choix, à nos attentes, à nos convictions, à nos désirs, à nos aspirations, etc. Cela ne nous empêche pas d’aimer ou de vivre, de partager et d’échanger.
Est-ce par peur - ou parce que nous sommes jumelles donc unies par un lien qui ne peut être celui de la solitude, que ma sœur refuse de comprendre ce point de vue ?
Au regard de ces interrogations, est-ce un mal, une imperfection que de se sentir seul ? La solitude n'est-elle pas le contraire de l'isolement ? N'est-ce pas une "attitude" qui nous permet d'explorer ce qui nous habite ? Est-ce inévitablement une marque d’égoïsme, pire d’insensibilité ? Peut-on apprivoiser la solitude ?
Autant de questions pour lesquelles je n’ai que de vagues idées.
Il y a bien d’autres choses qui m’ont interpellé dans cet échange d'aujourd'hui. Notamment un proverbe burkinabè qui dit que quand tu arrives dans un pays et que les gens marchent la tête en bas, marche la tête en bas. Adopte d'abord l’attitude que tu observes pour comprendre après. Ne cherche pas être différent des autres même si tu l’es.
J’ai compris qu’il fallait que je m’attende à vivre cela : des situations où les gestes et le non-verbal ont une grande place dans la société.
Sur ce, je vous dis "Zaabré" ... en future burkinabè que je ne serai jamais ~_~
(1) Zaabré veut dire bonsoir en mooré (langue parlée au Burkina Faso par l'ethnie Mossi).
Du pratique au culturel en passant par le social, nous avons couvert bien des sujets de discussion. Le débat était intarissable. Évidemment, j’ai posé beaucoup de questions. Tout m’interpellait. Une chose a cependant éveillé ma sensibilité, une phrase.
Alors que nous parlions d’individualisme et de collectivisme, elle a dit ceci : « Vous là en Occident, vous naissez avec la solitude. » Et si c’était vrai ! Si nous étions condamnés à vivre isolé, en exil du partage, dès notre première minute de vie, pouvons-nous changer ?
Elle a complété par un dicton qui dit que "le bois a beau durer dans l’eau, il ne peut pas devenir un caïman". Il faut comprendre que le caïman est un animal sacré au Burkina et que même si l’on s’adapte très bien à un milieu, on ne pourra jamais devenir comme celui né dans ce milieu.
Cet échange me rappelle une discussion que nous avons eue maintes fois – ma sœur et moi – sans jamais parvenir à nous comprendre : sommes-nous seuls dans la vie ?
Selon moi, certainement. Même bien entouré, nous avançons sur un chemin qui nous conduira vers une fin solitaire. Nous sommes seuls face à nos choix, à nos attentes, à nos convictions, à nos désirs, à nos aspirations, etc. Cela ne nous empêche pas d’aimer ou de vivre, de partager et d’échanger.
Est-ce par peur - ou parce que nous sommes jumelles donc unies par un lien qui ne peut être celui de la solitude, que ma sœur refuse de comprendre ce point de vue ?
Au regard de ces interrogations, est-ce un mal, une imperfection que de se sentir seul ? La solitude n'est-elle pas le contraire de l'isolement ? N'est-ce pas une "attitude" qui nous permet d'explorer ce qui nous habite ? Est-ce inévitablement une marque d’égoïsme, pire d’insensibilité ? Peut-on apprivoiser la solitude ?
Autant de questions pour lesquelles je n’ai que de vagues idées.
Il y a bien d’autres choses qui m’ont interpellé dans cet échange d'aujourd'hui. Notamment un proverbe burkinabè qui dit que quand tu arrives dans un pays et que les gens marchent la tête en bas, marche la tête en bas. Adopte d'abord l’attitude que tu observes pour comprendre après. Ne cherche pas être différent des autres même si tu l’es.
J’ai compris qu’il fallait que je m’attende à vivre cela : des situations où les gestes et le non-verbal ont une grande place dans la société.
Sur ce, je vous dis "Zaabré" ... en future burkinabè que je ne serai jamais ~_~
(1) Zaabré veut dire bonsoir en mooré (langue parlée au Burkina Faso par l'ethnie Mossi).
jeudi 7 janvier 2010
Première fois
En général, je ne me souviens pas de mes rêves. Et si je m'en souviens, je ne les raconte pas, pour n’ennuyer personne. Mais cette nuit-là, celle qui a suivi la mise en ligne de mon premier billet, celle du 1er janvier 2010, je me suis réveillée avec la sensation angoissée qu’une tarentule galopait de mes pieds à ma tête. Alors qu’elle m’empoisonnait avec son venin, mes yeux se sont ouverts, affolés, ne sachant plus vraiment où j’étais. En Afrique je crois.
Ce rêve a fait suite à la question que je me posais : « Comment se sent-on à la veille d’une expérience qui vous transportera à mille lieux de votre quotidien et de vos habitudes, qui mettra à l’épreuve votre capacité d’adaptation et vous confrontera aux différences culturelles, promesses d’échange et de partage ? ». A l’image de ce rêve. Excitée, angoissée. Énervée, impatiente. Affolée aussi. Que me réserve l’Afrique ?
Inconscient, tu n’es pas là. Tu n'es plus là. Déjà là-bas. A errer en terre rouge. A fouiller dans mes souvenirs les quelques mots que j’avais gribouillés sur une feuille de papier, en février 2007 quand je suis allée en Afrique de l’ouest pour la première fois, pour la seule fois, quelques semaines seulement.
« Première fois, j’ai pas aimé. L’Afrique, le Bénin, la chaleur humide de Cotonou. Les "Yovos" de là-bas, les faux-riches et les vrais pauvres. Le choc des cultures et des civilisations. Impression de ne pas vivre dans le même monde, d’être loin de tout, perdue dans l’incompréhension de mes sens. Impatiente de découvrir, voir, sentir, toucher, goûter, vivre. Peur de mal faire, de blesser, de heurter avec des mots inappropriés. Malaise d’être ici. Sentiment honteux d’être "blanche". Impossible à dissimuler. Pourquoi ? Pourquoi me fais-tu cela, esprit ? Te poser des questions qui n’attendent pas de réponse. Tu crois connaître, tu ne sais rien. Tu manques d’humilité. Pourtant, après tous les voyages que tu as déjà accomplis. A quoi bon cacher qui tu es, une occidentale, avec l’étiquette qui vient avec.
Mais après. Après Cotonou, il y a eu Parakou, Ouagadougou, Niamey. Après la terre rouge du Burkina, il y a eu les touaregs du Niger. Je les envie. De vivre ainsi. Avec la simplicité d’être ce qu’ils sont, des nomades. Avec rien, avec tout. Avec le sourire. Et la joie de vivre. »
Inconscient, je te laisse explorer l’immatériel de mes pensées pour arriver au Burkina l’esprit apaisé. J’en ai fait du chemin depuis 2007. Dans ma tête et dans mon cœur. Une révolution que Matthieu Ricard pourrait appeler une "révolution intérieure". Une autre fois peut-être, on en parlera. Pour l’instant, je préfère rester sur le sujet qui m’inspire, l’Afrique. Pour cette deuxième fois, je veux te voir différemment. Prendre le temps de te connaître, le plaisir de te découvrir. Te décortiquer, te sentir, te humer, te savourer. En attendant, tu trottes dans ma tête. La nuit, en rêve.
Souvent, les plus beaux moments d’un voyage sont ceux qui les précédent, faits d’attentes et d’impatience, parfois déçus. Piège d’une imagination qui nous projette dans un monde irréel. Pour ce que je m’apprête à vivre, j’essaie de ne pas l'anticiper, de me placer en spectatrice de mes idées heureuses. Je les observe. J’entraîne mon mental à les accueillir. L'exercice n'est pas facile mais presque "jubilatoire" quand on saisit LE moment.
Je veux profiter, de chaque instant qui m’est donné, me contenter de la vie telle qu'elle est, aujourd’hui, maintenant. Je veux saisir chaque image pour ne pas les laisser aller, pour qu’elles voyagent avec moi. Et si mon esprit vogue dans des contrées lointaines, mes deux pieds sont à Montréal; cette ville que j'aime. Sans raison particulière. C’est peut-être justement pour cela que je m’y sens bien. Je marche dans les rues et je suis heureuse. Cela a pour effet que les gens me sourient, gentiment, presque amicalement. Je me disais qu’on devrait essayer ça de temps en temps, le bonheur éphémère. Pour adoucir la vie, et les visages.
Et si j’ai besoin de changement pour évoluer, besoin de mobilité pour saisir le monde qui m’entoure, cela ne signifie pas que je renonce à la stabilité. Bien au contraire. Toujours à la recherche de la constance et d’un certain équilibre.
Beaucoup de personnes peuvent vous aider à cheminer vers cela, la compréhension de soi, mais une seule est vraiment capable de comprendre qui vous êtes : vous-même.
Ce rêve a fait suite à la question que je me posais : « Comment se sent-on à la veille d’une expérience qui vous transportera à mille lieux de votre quotidien et de vos habitudes, qui mettra à l’épreuve votre capacité d’adaptation et vous confrontera aux différences culturelles, promesses d’échange et de partage ? ». A l’image de ce rêve. Excitée, angoissée. Énervée, impatiente. Affolée aussi. Que me réserve l’Afrique ?
Inconscient, tu n’es pas là. Tu n'es plus là. Déjà là-bas. A errer en terre rouge. A fouiller dans mes souvenirs les quelques mots que j’avais gribouillés sur une feuille de papier, en février 2007 quand je suis allée en Afrique de l’ouest pour la première fois, pour la seule fois, quelques semaines seulement.
« Première fois, j’ai pas aimé. L’Afrique, le Bénin, la chaleur humide de Cotonou. Les "Yovos" de là-bas, les faux-riches et les vrais pauvres. Le choc des cultures et des civilisations. Impression de ne pas vivre dans le même monde, d’être loin de tout, perdue dans l’incompréhension de mes sens. Impatiente de découvrir, voir, sentir, toucher, goûter, vivre. Peur de mal faire, de blesser, de heurter avec des mots inappropriés. Malaise d’être ici. Sentiment honteux d’être "blanche". Impossible à dissimuler. Pourquoi ? Pourquoi me fais-tu cela, esprit ? Te poser des questions qui n’attendent pas de réponse. Tu crois connaître, tu ne sais rien. Tu manques d’humilité. Pourtant, après tous les voyages que tu as déjà accomplis. A quoi bon cacher qui tu es, une occidentale, avec l’étiquette qui vient avec.
Mais après. Après Cotonou, il y a eu Parakou, Ouagadougou, Niamey. Après la terre rouge du Burkina, il y a eu les touaregs du Niger. Je les envie. De vivre ainsi. Avec la simplicité d’être ce qu’ils sont, des nomades. Avec rien, avec tout. Avec le sourire. Et la joie de vivre. »
Inconscient, je te laisse explorer l’immatériel de mes pensées pour arriver au Burkina l’esprit apaisé. J’en ai fait du chemin depuis 2007. Dans ma tête et dans mon cœur. Une révolution que Matthieu Ricard pourrait appeler une "révolution intérieure". Une autre fois peut-être, on en parlera. Pour l’instant, je préfère rester sur le sujet qui m’inspire, l’Afrique. Pour cette deuxième fois, je veux te voir différemment. Prendre le temps de te connaître, le plaisir de te découvrir. Te décortiquer, te sentir, te humer, te savourer. En attendant, tu trottes dans ma tête. La nuit, en rêve.
Souvent, les plus beaux moments d’un voyage sont ceux qui les précédent, faits d’attentes et d’impatience, parfois déçus. Piège d’une imagination qui nous projette dans un monde irréel. Pour ce que je m’apprête à vivre, j’essaie de ne pas l'anticiper, de me placer en spectatrice de mes idées heureuses. Je les observe. J’entraîne mon mental à les accueillir. L'exercice n'est pas facile mais presque "jubilatoire" quand on saisit LE moment.
Je veux profiter, de chaque instant qui m’est donné, me contenter de la vie telle qu'elle est, aujourd’hui, maintenant. Je veux saisir chaque image pour ne pas les laisser aller, pour qu’elles voyagent avec moi. Et si mon esprit vogue dans des contrées lointaines, mes deux pieds sont à Montréal; cette ville que j'aime. Sans raison particulière. C’est peut-être justement pour cela que je m’y sens bien. Je marche dans les rues et je suis heureuse. Cela a pour effet que les gens me sourient, gentiment, presque amicalement. Je me disais qu’on devrait essayer ça de temps en temps, le bonheur éphémère. Pour adoucir la vie, et les visages.
Et si j’ai besoin de changement pour évoluer, besoin de mobilité pour saisir le monde qui m’entoure, cela ne signifie pas que je renonce à la stabilité. Bien au contraire. Toujours à la recherche de la constance et d’un certain équilibre.
Beaucoup de personnes peuvent vous aider à cheminer vers cela, la compréhension de soi, mais une seule est vraiment capable de comprendre qui vous êtes : vous-même.
vendredi 1 janvier 2010
Le commencement
Commencer l’année avec de bonnes résolutions, voila une idée assez banale finalement, et assurément partagée. Ma résolution 2010 sera "deux en une" : prendre un engagement et le tenir.
Depuis quelques mois, je profite du temps qui m’est donné pour inventer une vie heureuse et un avenir comblé.
En me promenant au Mont-Royal, un jour de neige, je me suis demandée : quand suis-je la plus heureuse ? Certainement dans de nouveaux projets. Devrait-on parler d’égoïsme ?! Assurément pas si ces derniers sont orientés vers les autres. D’altruisme alors ?!
De quelle audace oses-tu t’autoproclamer « altruiste », me susurre ma petite voix.
De cette prétention qui me fait vivre chaque minute en fidélité avec mon être profond, lui répond ma conscience éclairée. Cette appréciation qui me permet de me connaître, et de pouvoir m’ouvrir à l’Autre sans peur et sans retenue. A quoi bon essayer de comprendre autrui si j’ignore tout de moi, poursuit-elle.
Cet échange avec moi-même a permis à mon esprit culpabilisé de se libérer d'une étreinte sociale et lui a rappelé que le véritable altruiste, motivé par le bien-être de l'Autre, n'oubliera jamais de se respecter et d'apprendre qui il est avant de prétendre comprendre le monde qui l'entoure. Telle est la règle d'or de l'humilité.
Patience, lente métamorphose, épanouissement. Voilà des mots enchanteurs qui m'accompagneront dans l'expérience que je m'apprête à vivre; des mots qui précisément ont résonné dans ma tête quand j’ai pris la résolution de partir en coopération, au Burkina Faso, pour 2 ans. Je suis heureuse, et impatiente de vivre cette aventure. Je savoure le commencement d'une nouvelle décennie.
Mais, me direz-vous, comment se sent-on à la veille d’une expérience qui vous transportera à mille lieux de votre quotidien et de vos habitudes, qui mettra à l’épreuve votre capacité d’adaptation et vous confrontera aux différences culturelles, promesses d’échange et de partage ? J’ai bien sûr une idée sur la question mais j'attendrai avant d’y répondre. Je réalise seulement que je vais quitter une ville que je chéris (même par moins 20 degrés) pour vivre ailleurs, à Ouagadougou, heureuse.
Cette « plateforme » sera l’occasion pour moi de partager cette expérience unique, d’échanger des idées, pensées et vécues, inspirées de mes lectures et plus particulièrement de celles d’un homme : Matthieu Ricard qui, s’il m’était donné le choix d’un maître, serait Lui. Il m’inspire, me permet de m’abandonner dans des réflexions que je n'aurais jamais osé aborder seule; il éclaire un chemin sur lequel nous avons tous beaucoup de difficultés à nous engager, le détachement.
Bienvenue et Bonne et heureuse année 2010 !
Et si vous n’avez pas encore pris de résolutions, il est encore temps ! Engagez-vous pour une des nombreuses causes qu'il existe, malheureusement oserais-je ajouter.
Depuis quelques mois, je profite du temps qui m’est donné pour inventer une vie heureuse et un avenir comblé.
En me promenant au Mont-Royal, un jour de neige, je me suis demandée : quand suis-je la plus heureuse ? Certainement dans de nouveaux projets. Devrait-on parler d’égoïsme ?! Assurément pas si ces derniers sont orientés vers les autres. D’altruisme alors ?!
De quelle audace oses-tu t’autoproclamer « altruiste », me susurre ma petite voix.
De cette prétention qui me fait vivre chaque minute en fidélité avec mon être profond, lui répond ma conscience éclairée. Cette appréciation qui me permet de me connaître, et de pouvoir m’ouvrir à l’Autre sans peur et sans retenue. A quoi bon essayer de comprendre autrui si j’ignore tout de moi, poursuit-elle.
Cet échange avec moi-même a permis à mon esprit culpabilisé de se libérer d'une étreinte sociale et lui a rappelé que le véritable altruiste, motivé par le bien-être de l'Autre, n'oubliera jamais de se respecter et d'apprendre qui il est avant de prétendre comprendre le monde qui l'entoure. Telle est la règle d'or de l'humilité.
Patience, lente métamorphose, épanouissement. Voilà des mots enchanteurs qui m'accompagneront dans l'expérience que je m'apprête à vivre; des mots qui précisément ont résonné dans ma tête quand j’ai pris la résolution de partir en coopération, au Burkina Faso, pour 2 ans. Je suis heureuse, et impatiente de vivre cette aventure. Je savoure le commencement d'une nouvelle décennie.
Mais, me direz-vous, comment se sent-on à la veille d’une expérience qui vous transportera à mille lieux de votre quotidien et de vos habitudes, qui mettra à l’épreuve votre capacité d’adaptation et vous confrontera aux différences culturelles, promesses d’échange et de partage ? J’ai bien sûr une idée sur la question mais j'attendrai avant d’y répondre. Je réalise seulement que je vais quitter une ville que je chéris (même par moins 20 degrés) pour vivre ailleurs, à Ouagadougou, heureuse.
Cette « plateforme » sera l’occasion pour moi de partager cette expérience unique, d’échanger des idées, pensées et vécues, inspirées de mes lectures et plus particulièrement de celles d’un homme : Matthieu Ricard qui, s’il m’était donné le choix d’un maître, serait Lui. Il m’inspire, me permet de m’abandonner dans des réflexions que je n'aurais jamais osé aborder seule; il éclaire un chemin sur lequel nous avons tous beaucoup de difficultés à nous engager, le détachement.
Bienvenue et Bonne et heureuse année 2010 !
Et si vous n’avez pas encore pris de résolutions, il est encore temps ! Engagez-vous pour une des nombreuses causes qu'il existe, malheureusement oserais-je ajouter.
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