vendredi 17 août 2012

Maternité au Burkina : Quand les jumeaux deviennent des objets à monnayer

Au Burkina Faso, accoucher de jumeaux est devenu une source de revenu pour certaines familles pauvres même si, en général, les jumeaux sont considérés comme des êtres exceptionnels. [Lire la suite]

Extrait d'un article du faso.net, 17 août 2012

dimanche 27 mai 2012

Ça casserole dur à Montréal !!

Chaque soir à Montréal depuis quelques temps, des manifestations spontanées naissent aux 4 coins des rues en signe de protestation contre la loi 78, et le gouvernement Charest. Une gang d'irréductibles Québécois descendent dans les rues à 20h, armés de leurs plus belles casseroles, et tambourinent inlassablement et joyeusement pour la juste cause. Cela durera jusqu'à ce qu'ils soient entendus.

Ce mouvement est né de la grève étudiante qui dure au Québec depuis le 13 février 2012 suite à l'annonce d'une hausse des droits de scolarité universitaires annuels de près de 75% en 5 ans. Ouf, pas vraiment populaire comme nouvelle !! Merci Monsieur Charest pour tout ce vacarme. En même temps, voila l'exemple d'une belle mobilisation citoyenne.



mardi 28 février 2012

Retour au pays + 1 mois

Ah le Québec !! Je suis contente de le retrouver et de retrouver la vie qui va avec, de prendre du recul sur l'expérience que je viens de vivre pendant deux ans au Burkina Faso. Quoique enrichissante et formatrice, elle m'a donné le goût de faire autre chose, de penser autrement, de mesurer le poids de nos interventions (je dis "nos" pour parler de celles des "blancs"), d'apprendre à me détacher des ressentis. Au retour, ce sont d'autres questions qui arrivent; celles que l'on ne prévoit pas au départ, celles liées à l'expérience terrain et qui viennent avec des constats sur les systèmes instaurés ou sur les rapports biaisés entre les pays du nord et ceux du sud (en d'autres termes les pays riches et les pays pauvres) ou celles sur la pertinence de nos approches. La liste serait longue et je ne saurais lancer le débat sur les intentions des uns et des autres à s'engager pour LA bonne cause. Comme tant d'autres, je me pose seulement la question de l'efficacité de l'aide. Travaillons-nous tous dans le même sens ? Avec les mêmes objectifs, les mêmes résultats à atteindre, la même foi ? Oeuvrons-nous vraiment à l'autonomisation des populations bénéficiaires ? Malgré les interventions qui se multiplient et la pauvreté qui ne cesse d'augmenter. Malgré les écarts criants et les disparités qui se creusent. Malgré les inégalités qui naissent et qui perdurent. Oui c'est gênant ! Oui c'est préoccupant ! Oui c'est alarmant ! Le sort des uns et des autres en dépend d'une certaine façon. Que pouvons-nous faire ? Rester les bras croisés en portant la responsabilité sur les autres ? Agir vite et efficacement en composant avec les intentions de chacun au risque de mal faire tout en étant "tanné" des exigences des bailleurs de fonds et des ONG qui arrivent à se croire indispensables ; leurs dollars les rendant parfois arrogants. Tant de questionnements qui ne laissent pas indifférent. Mais je ne voudrais pas non plus tomber dans la morale du retour. Critiquer, dénoncer sans proposer ni agir, à quoi bon ! C'est trop facile. Inutile. Entre embellir la réalité ou la dénoncer crûment, les avis sont partagés et les idées fusent. Chaque argument est recevable. Chaque interprétation a sa raison d'être indépendamment de l'expérience de vie. Et ça n'est certainement pas à moi d'en juger. Pour rester positive, je dirai qu'il y a toujours du bon et du moins bon dans ce que l'on apporte quelque soit le contexte et le domaine d'intervention. L'idéal n'existe pas. Il est à atteindre nous dira-t-on. Il est vrai aussi que ce discours tombe un peu dans la désillusion mais on dirait que c'est inévitable quand on se heurte aux réalités terrain à moins d'être faussement naïf ou complètement illusionné, voué à la cause, en quête de quelque chose que je ne saurai définir et qui ressemble à un don de soi ou un altruisme démesuré.

Aujourd'hui, j'ai choisi de me réorienter, de poursuivre l'engagement, autrement, localement. Dans notre beau monde occidental (passez-moi l'ironie), les besoins aussi sont grands. Vous seriez surpris de constater les poches de pauvreté qui existent dans certains quartiers de Montréal et les disparités qui peuvent coexister. Envie donc de trouver de nouvelles motivations dans le travail et une nouvelle dynamique d'équipe, j'ai commencé un nouvel emploi comme coordonnatrice d'un projet pilote en petite enfance dans un quartier défavorisé de Montréal où les problématiques liées au développement global de l'enfant de 0 à 5 ans sont très présentes (en éveil à la lecture et à l'écriture, en développement cognitif et langagier, en maturité affective, en habiletés sociales, etc.). C'est un travail de concertation avec les acteurs locaux et de planification stratégique. Et bien sûr un soutien aux familles dans une perspective à plus ou moins long terme. De nouveaux apprentissages qui favoriseront ma compréhension des enjeux québécois et ma connaissance du milieu de vie dans lequel j'ai choisi d'immigrer il y a plus de 7 ans maintenant.

Pour sauter du coq à l'âne, on me demande souvent comment ça va, comment je me sens depuis mon retour et si ça n'est pas trop dur. Je voulais justement vous en parler, mon coeur a besoin de s'épancher. Je noie ma peine dans la belle gueule, la boréale, la maudite, la cheval blanc, et j'en passe ; des bières toutes aussi écoeurantes les unes que les autres (dissipons les incompréhensions qui ne sauraient perdurer chez nos amis Français : en québécois, dire qu'une bière est écoeurante ne signifie pas qu'elle est "dégeu", répugnante ou infecte mais plutôt qu'elle est débile, malade, capotante; en gros qu'elle est vraiment bonne). Je me console aussi en mangeant sushi avec mes amis, en suivant une thérapie-tisane avec ma coloc, en tombant sous le charme de ma nièce (une petite merveille). Je m'enroule dans les couvertures avec un bon livre et un chocolat chaud quand il fait -10 dehors et qu'ils annoncent une tempête de neige donc oui, ça va aller. Yel ka be (mon expression favorite en moore pour dire qu'il n'y a pas de problème). Sur cette note d'optimisme, je vous laisse avec une image du Québec, loin de la chaleur burkinabè.

Montréal en hiver

lundi 30 janvier 2012

Retour au pays

Et voila, une page qui se tourne. Presque 2 ans de vie au Burkina qui s’achèvent. J’ai mangé mon dernier poulet bicyclette en compagnie de collègues, j’ai fait quelques derniers achats de fonio et dégué pour pouvoir retrouver les goûts et les saveurs du Burkina à Montréal, j’ai coupé les comptes d’eau, d’électricité, d’internet, bancaire (seul pays où j’ai pu être millionnaire), j’ai fait l’état des lieux de l’appartement, rendu les clés, vendu la moto, ramassé quelques dossiers mais surtout, j’ai dit au revoir aux personnes qui m’entouraient depuis 2 ans. J’ai quitté Ouagadougou dans la nuit du 27 au 28, le cœur un peu serré, en laissant derrière moi de beaux souvenirs et des images d’un pays attachant. C’est de Montréal, par -8° C, que j’écris ce nouveau billet. J’ai retrouvé les amis. Un accueil chaleureux et des retrouvailles heureuses. Je me remets tranquillement dans le rythme de vie d'ici, avec des images du Burkina qui me visitent pendant le sommeil. Une transition à gérer mais ça va aller ! Les perspectives, je n’en parle pas encore. Je me laisse le temps d’arriver. Elles viendront bien assez tôt. Ce n’est pas la fin du récit. Je compte bien continuer à écrire avec des mots un peu moins dépaysants et des images un peu moins colorées peut-être mais toujours avec cette même envie de partager le vécu.

50 images du Burkina, c'est trop peu pour résumer 2 ans de vie mais ce sont celles qui me rappellent déjà de bons souvenirs et des visages que je ne veux pas oublier trop vite.

lundi 16 janvier 2012

Cours de cuisine africaine no 2

J'ai changé d'idée. Au risque de faire sourire mes amis québécois, je n'ai pas pu rencontrer de joueurs de pétanque en raison du froid sévissant en soirée (20 degrés autour des 20h) - mais je ne perds pas espoir d'ici mon départ, les températures devraient remonter - donc à la place du billet initialement prévu, je vous propose 3 recettes de cuisine africaine apprises ce dimanche (le 2e cours puisqu'en février 2011 j'avais appris à faire le poulet yassa).

Au menu : couscous de fonio accompagné d'une pintade sauce sésame et du dégué en dessert (à base de petit mil et de yaourt).

Lieu : Restaurant Le Sésame, Ouagadougou
La propriétaire et professeur : Flore YAMEOGO

Préparation du couscous de fonio


1. Recouvrir 500 g de fonio précuit d'eau bouillante et laisser gonfler la céréale pendant 30 minutes
2. Placer ensuite la semoule dans la partie supérieure d'un couscoussier (dans un linge pour ne pas que les grains passent à travers)
3. Après 15 minutes de cuisson, arroser avec de l’eau froide (2 à 3 louches) puis replacer la semoule dans le couscoussier pour 15 minutes
4. Après 15 autres minutes de cuisson, ajouter le gombo frais coupé en lamelle dans le fond du linge puis ajouter la céréale et cuire 15 dernières minutes

Préparation de la pintade sauce sésame

1. Faire revenir les morceaux de pintade dans l’huile chaude
2. Ajouter 2 oignons émincés


3. Délayer une petite boîte de tomate concentrée avec de l’eau chaude et ajouter dans la sauteuse avec un cube maggi
4. Faire revenir 150 g de graines de sésame dans une poêle à sec, piler au mortier et tamiser avec un tamis pour couscous (sinon prendre de la poudre de sésame)
5. Délayer ensuite la poudre de sésame avec de l’eau chaude et l’ajouter à la préparation
6. Ajouter suffisamment d’eau, couvrir et laisser cuire 20 minutes
7. Ajouter une courgette coupée en dés avec une feuille de laurier ou du thym et laisser mijoter encore une quinzaine de minutes

Préparation du dégué

1. Faire gonfler 250 g de dégué (petit mil) dans de l’eau chaude pendant 30 minutes
2. Ajouter 50 g de beurre ramolli (le beurre doit fondre dans le dégué encore chaud sinon le passer au couscoussier pour le réchauffer)
3. Ajouter le dégué en grumeaux au yaourt sucré
4. Ajouter du lait concentré non sucré, de la vanille, de la cannelle, etc. (facultatif)
5. Servir bien frais

Après ça, faites moi confiance qu'on s'est bien régalés avec toutes ces céréales !

Pour les Ouagalais-es, le restaurant Le Sésame se situe dans le quartier Somgande, proche de la forêt. Ça vaut vraiment la peine ! Contact : Mme Flore YAMEOGO - Tél. 70-31-42-28

samedi 7 janvier 2012

Mes mots à moi

De l’avis d’un ami, mes billets sont "déprimés". Moi qui voulais justement éviter cette critique, seulement décrire le quotidien, partager le vécu, sans cliché. Difficile d’écrire. D’exposer ses émotions sans interprétation. Devoir accepter les remarques et continuer au-delà du journal intime. Enfin, soyons plus léger en ce début d’année : tous mes meilleurs voeux pour 2012 !

Je suis rentrée jeudi au Burkina après 4 jours supers au Maroc et 15 jours reposants en France. Dans le train du retour Deauville-Paris, je regardais la campagne normande défiler. Les prairies étaient vertes. C’était beau. Et puis bizarrement, sans prévenir, une petite larme sur ma joue. Émotion rare. Combien de fois l’ai-je quitté cette belle région qui m’a vue grandir. Combien de fois l’ai-je retrouvée, intacte. Toujours avec la même peur de la perdre. A chaque fois, j’y laisse quelques souvenirs de famille, quelques images de l’enfance. Maintenant, je n’ai plus peur de grandir, mais plutôt de vieillir. C’est bête à seulement 31 ans mais c’est ainsi.

Direction Orly Sud. Pour certains, Paris est un voyage, une destination. Pour d’autres, elle est une étape, une transition avant un long voyage. A la capitale, les gens ont l’air triste, même après la période des fêtes. Tous ou presque portent des habits sombres. Tous ou presque sont pressés. Moi je suis contente de rentrer au Burkina, de retrouver la chaleur et la bonne humeur des gens. Une chose est sûre, j’aurai mis de la couleur dans mes valises, et des sourires dans ma vie au cours de ces deux années.

Prochaine étape : le retour à Montréal. Dans quelques semaines l’heure du bilan approchera. Déjà : une expérience évidemment riche en découvertes, en émotions, en rencontres, culturellement dépaysante. Beaucoup de frustrations difficiles à contenir. En grande partie liées à l’interculturel et à ses inévitables incompréhensions. Quelques déceptions de devoir, de pouvoir ou de vouloir faire plus. Il y a des choses qui me manqueront, et d’autres pas, comme la lenteur. Si au Vietnam j’ai cultivé la patience, ici j’ai appris l’impatience de devoir attendre après tout et rien. Imprimer une photo devient une véritable épreuve de patience entre les coupures d’électricité et les salamalecs à n’en plus finir (c’est là que je me dis qu’il est temps de rentrer). Fatiguée aussi de devoir "m’ajuster" aux façons de dire et de faire pour ne pas blesser ou froisser la susceptibilité des Burkinabè sans qu’en retour ils essaient de me comprendre. Ils me diront que je suis chez eux. Cela n’empêche pas qu’ils fassent un effort aussi. N’est-ce pas ça l’interculturel et l’échange ? Enfin ! Lasse aussi des sollicitations sans fin et de ces blancs ou noirs qui se croient riches et qui se donnent le droit d'être méprisants, condescendants, suffisants, arrogants, irrespectueux envers les plus démunis; ceux là même qui se disent sauver l’Afrique et qui trouvent que tout est trop cher et que rien n’est assez bien. Non vraiment, je dois renter pour les oublier, pour ne garder que le meilleur de cette expérience. Je rentrerai certainement un peu désillusionnée mais toujours volontaire, décidée à y croire et à agir.

En transit à Casablanca, je pensais avec une pointe de nostalgie que c’était mon dernier vol vers Ouagadougou. Fini les « Nassara, le clignotant » pas plus tard que cet après-midi. Retour au prénom qui me qualifie. Fini les nids de poules en moto mais aussi les dimanches après-midi à la piscine. Fini la liberté de divaguer dans les rues de Ouagadougou jusqu’à tard dans la nuit. Fini la douceur des soirées et les virées en moto. Après le Burkina c’est décidé, je pose mes valises. Je fais une pause. Sinon je vais finir par être blasée du voyage, sans jamais me sentir chez moi quelque part. Et ce quelque part, je crois que je l'ai trouvé à Montréal. Il va falloir me trouver de nouveaux projets. Ça ne devrait pas être difficile. J’ai encore quelques rêves à réaliser. Pour l’instant, je suis au Burkina et je vais en profiter.

Prochain billet : les joueurs de pétanque à Ouagadougou

Quelques photos du Maroc (Rabat et Fès)








Et de la Normandie