dimanche 2 octobre 2011

Scènes de vie au soleil couchant

Je ne me lasserai pas de cette promenade le long du barrage. Me fondre dans la circulation locale au commande de ma Yamaha en regardant les gens vivre : les femmes et leur enfant dans le dos; les hommes et leur troupeau de chèvres; les marchandes alignées au bord de la route, leurs bassines remplies d’arachides, de fruits et de légumes; les marchands de poisson, criant au plus offrant; les jeunes femmes qui se font tresser les cheveux; les jeunes hommes qui boivent la bière au maquis; les tanties sur leurs motos pétaradantes, le dos droit, le regard concentré, fières roulant au soleil couchant; les vieux qui palabrent; les enfants qui chahutent. Tout cela a l'air un peu folklorique mais l'image est attachante. Je veux la garder intact dans ma mémoire sachant que le temps viendra dissoudre les impressions, estomper les couleurs. Une autre réalité s’installera et prendra la place de ce tableau burkinabè, vivant et chaleureux. Je m’efforce d’en profiter.

Cette promenade suscite d’autres curiosités. Le regard étonné des Burkinabè n’est pas sans me rappeler ma différence. Difficile de passer inaperçue sur une moto Yamaha, un casque gris vissé sur la tête, des lunettes fumées au bout du nez, une peau blanche, des habits européens aux couleurs un peu fades. Les gens me saluent discrètement - ou non, me gratifient d’un signe de la main ou d’un "bonsoir Nassara". Je réponds timidement. Il y a aussi le regard malicieux des enfants qui aimeraient que je m’arrête leur serrer la main, ou celui amusé et un peu complice de ceux et celles qui comprennent le but de cette promenade. J’éveille mes sens, je m’imprègne des couleurs locales, je chamboule mes habitudes de vie, je m’inspire avant de rentrer au pays.

Cet apprentissage interculturel est bien sûr marqué d’incompréhensions, parfois même de rejet, de doutes et de questionnements, d’acceptation partielle. Cela fait partie de l’expérience. Sentiment de bien être. Accomplissement personnel. Des moments que je me donne le droit de ressentir fièrement. Un peu égoïstement. Je veux comprendre pourquoi je suis là et pourquoi je devrai repartir, dans 5 mois déjà. Le temps file. Le mandat avance. Moins du quart et encore tellement à faire. Cette promenade est un mini voyage qui me donne l'impression d'être ailleurs, à Ouagadougou, au Burkina Faso, en Afrique de l’Ouest.















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