Cette promenade suscite d’autres curiosités. Le regard étonné des Burkinabè n’est pas sans me rappeler ma différence. Difficile de passer inaperçue sur une moto Yamaha, un casque gris vissé sur la tête, des lunettes fumées au bout du nez, une peau blanche, des habits européens aux couleurs un peu fades. Les gens me saluent discrètement - ou non, me gratifient d’un signe de la main ou d’un "bonsoir Nassara". Je réponds timidement. Il y a aussi le regard malicieux des enfants qui aimeraient que je m’arrête leur serrer la main, ou celui amusé et un peu complice de ceux et celles qui comprennent le but de cette promenade. J’éveille mes sens, je m’imprègne des couleurs locales, je chamboule mes habitudes de vie, je m’inspire avant de rentrer au pays.
Cet apprentissage interculturel est bien sûr marqué d’incompréhensions, parfois même de rejet, de doutes et de questionnements, d’acceptation partielle. Cela fait partie de l’expérience. Sentiment de bien être. Accomplissement personnel. Des moments que je me donne le droit de ressentir fièrement. Un peu égoïstement. Je veux comprendre pourquoi je suis là et pourquoi je devrai repartir, dans 5 mois déjà. Le temps file. Le mandat avance. Moins du quart et encore tellement à faire. Cette promenade est un mini voyage qui me donne l'impression d'être ailleurs, à Ouagadougou, au Burkina Faso, en Afrique de l’Ouest.







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