dimanche 19 juin 2011

Les vacances, ça fait cogiter !

Retour à Ouaga après 3 belles semaines de vacances au Québec. On ne le dira jamais assez : le temps passe trop vite. Malgré tout, je suis contente de retrouver le Burkina et ses activités. Hier je suis allée me promener à la forêt. Le contraste entre les chemins de terre rouge et la végétation luxuriante (après une bonne pluie) était superbe. Je regardais les femmes aux boubous colorés marcher devant moi; trois tanties qui se promenaient d’un pas lent en discutant en moore. Comme moi, elles profitaient de la douce lumière de fin de journée. Je me disais qu’il fallait bien partir et revenir pour savoir apprécier ces moments uniques – loin de notre « réalité » occidentale.

Une amie - en visite au Burkina pour 10 jours - me racontait justement son « choc » de retour. Dans le taxi qui la ramenait chez elle, à Paris, il y avait une émission à la radio sur les assurances et l’importance d’être couvert si on se blessait en ouvrant une huître. Ca lui a semblé tellement ridicule ! Moi, ça m’a fait rire. Futile certes, et preuve d’un décalage de vie et de préoccupations. Tout ou presque nous semblerait ainsi : irrationnel et dénué de sens quand la pauvreté vient de nous apparaître comme une injustice flagrante. Alors on dénigre la société dans laquelle on vit, on se révolte face aux aberrations. Et puis on retourne à son quotidien, sans oublier la vie là-bas. C’est ainsi. C’est humain.

Mais la sensibilité n’est pas la même pour tous. Il y a les désillusionnés, ceux qui reviennent frustrés de l’expérience parce qu’ils n’ont pas compris ou qu'ils n'ont pas reçu le "merci" tant attendu pour leur contribution (et cela arrive souvent dans le monde de la coopération). Ils pensent avoir été "utilisés" sans rien recevoir en retour. Je me dis que même si la démarche n’est jamais totalement altruiste, pourquoi attendre une reconnaissance pour un geste qui se veut volontaire ? Vraiment, j'ai du mal à comprendre ?! Il me semble trop facile d’incriminer les organisations de coopération pour ce qu’elles ne font pas ou ce qu’elles font mal sans reconnaître ce qu’elles peuvent apporter de bien. Certes il y a des améliorations à apporter mais aucun système n’est parfait sinon, pourquoi serions-nous là ?

Et puis il y a ceux dont les attentes sont démesurément hautes et qui finissent inévitablement dans le clan des "déçus". Hier encore, je discutais avec une jeune fille fraîchement débarquée de Belgique et qui a pour ambition de sauver le monde. Elle est bénévole pour 3 mois dans une association d’aide aux enfants de la rue. A son retour, elle envisage monter un projet et amener avec elle des jeunes belges au Burkina pour leur faire prendre conscience des dures réalités de la vie et de la chance qu’ils ont de vivre là où ils sont. Je dis oui à la sensibilisation, non à la culpabilité. Si les enfants burkinabè de la rue avaient eu le choix, ils ne seraient sûrement pas nés ici, dans ces conditions de vie difficiles et auraient probablement la même attitude que ces adolescents belges qui cherchent leur place dans la société. L’expérience que nous vivons nous donne t’elle le droit de jouer au moralisateur des temps modernes ? J’en doute.

Je m'arrête là dans la discussion. Suite au prochain numéro.





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